Tramways... autobus... tickets

Un petit clin d’œil à Dan - Nicéphore et à tous les blogueurs qui ont participé à la chasse à la carte postale… « Mais où est-ce ? »…
Juste vous montrer un petit échantillon de tickets à travers le temps de 1935 à nos jours…
Et puis ce qu’il ne faut pas oublier c’est que « depuis hier soir, Le Havre est la première ville de France à ne plus avoir de tramway. Les derniers qui circulaient sur la ligne de Sanvic (la ligne n° 6) seront supprimés ce matin » dixit « Havre-Libre » du 5 juin 1951… ils étaient est service depuis 1894 et seront remplacés par 17 trolleybus et 44 autobus !
Je rajoute une partie de plan des années 30 avec le tracé des tramways, ainsi que celui des trains qui circulaient afin d’amener les marchandises dans les très nombreuses usines qui les utilisaient ! Bon voyage !


Lundi 16 novembre 2009

Plan du Havre... 1909









Voilà quelques images tirées d’un plan de 1909. Ces plans étaient joints aux « Annuaires Micaux »… 100 ans nous séparent !
Vous y verrez les rues telles qu’elles apparaissaient avant la Reconstruction…
Certaines ont changé de noms…
Grâce à ce document vous pourrez y retrouver les adresses pour vos cartes postales, votre généalogie, vos souvenirs…
Lorsque la rue Gabriel Péri s’appelait rue de Phalsbourg… et que l’avenue Foch s’appelait boulevard de Strasbourg (partie Est)…

Mercredi 11 novembre 2009

Mont-Gaillard... lieux-dits et hameaux






Le MONT-GAILLARD comme nous l’entendons, en tant que quartier du Havre, dépendait jusqu’à l’annexion de BLEVILLE en 1953, de cette commune rurale.

Qu’en est-il de l’origine de l’appellation de ce village médiéval, qu’est BLEVILLE…
Blaie, blee... champ de blé - ville... ville fortifiée - villa... domaine rural - vilel... village - vilele... petit village
Ces mots ont été employés pour la première fois entre le Xème et le XIIIème siècle.

Commençons par rechercher l’origine des lieux-dits, hameaux et fermes… Certains hameaux, comme le Mont-Gaillard et la Jambe-de-Bois sont situés sur deux communes : Bléville et Sanvic…

Selon les auteurs, il arrive même qu’il y ait "récupération" d’évènements dans telle ou telle commune. On le voit dans les livres de Léon Braquehais ("Histoire de Bléville" édité en 1884) et d’Alphonse Martin ("Notice historique sur Sanvic et le protestantisme" édité en 1877).

Léon Braquehais, nous explique qu’ : "Après ce hameau (la Croix-Blanche) on rencontre ceux du Capuchet, du Pressoir et de la Bigne-à-Fosse, qui se trouvent à la limite d’Octeville. Si, partant de la Croix-Blanche, l’on veut aller au Bois-de-Bléville, on trouve les hameaux suivants : le Petit-Bléville, la Jambe-de-Bois (…) Après ce hameau de la Jambe-de-Bois s’offre celui du Mont-Gaillard, appelé ainsi jadis parce que la jeunesse blévillaise se réunissait en cet endroit pour s’y divertir, et y tenait parfois des propos gaillards."
Plan cadastral de Bléville dressé en 1827 (…) nous voyons figurer des terres ainsi désignées (…) la Plaine-du-Capuchet, les Moteaux, la Plaine-Sainte-Catherine, le Cimetière-des-Huguenots, la Plaine-du-Quesné."
Voici les limites de cette commune (Bléville) : au nord, la limite embrasse le Quesné, la Bigne-à-Fosse, le Pressoir, le Mont-Gaillard, le Petit-Bléville, la Jambe-de-Bois."

L’origine de ce hameau de "la Croix-Blanche" nous est contée à travers les registres paroissiaux de Bléville. En effet le prieur-curé Alexandre Briant de Vaston, en 1721, écrit :
"Cette même année nous, prieur-curé susnommé nous avons fait ériger en notre paroisse deux belles croix en pierre de taille l’une dans le cimetière qui a trois marches et l’autre sur le grand chemin de Fécamp au Havre en l’honneur de la sainte Passion de Jésus."
Cette Croix fut détruite à la Révolution, puis réapparue peu après… elle fut anéantie par les bombardements de septembre 1944. 4 ans plus tard, une nouvelle croix s’élevait. Voici le texte que l’on peut toujours y lire sur son socle :

"Ici fut érigée en 1721 une croix de pierre. Renversée en 1789 et remplacée par une croix de bois qui fut détruite en 1944. Le 4 mars 1948, un groupe d’amis, avec l’appui de la municipalité de Bléville, ont remis en place le Calvaire d’antan."

"La Bigne-à-Fosse". "Bigne-Fosse" sur certaine carte…Nom de lieu-dit. Origine inconnue, mais une hypothèse qui paraît logique lorsqu’on regarde la géographie du terrain. Qui n’a pas entendu dire dans son enfance : "Te voilà encore avec une bigne !". Une bosse, bien sûr ! Regarder la Coulée verte, vaste fosse qui paresse entre deux bosses. Nous avons "bigne" et "fosse"… assemblons les deux mots.

- "La ferme Boulogne " Ferme sur Octeville-sur-Mer…celle-ci se trouve sur le territoire du Hameau de la Borde… Sûrement le nom du propriétaire Boulogne, Boulongne, Boulongue…

- "Le Quesné ". "Plaine du Quesné" Hameau de Bléville. Au début du XIVème siècle il existe une "sente du Quesnay à Quief de Caux". En 1503 "fief ou portion de fief nommé le fief de Quesnay tenu du fief de Bléville". En 1579 "le Quesney de Bléville".
Le Cauchois nous parle de "Quênée"… chênaie…lieu planté de chênes

- "La Borde". Hameau d’Octeville… métairie… domaine agricole exploité par un fermier qui devait verser une partie de ses récoltes au propriétaire.

- "La Jambe-de-Bois" Hameau de Bléville et de Sanvic (selon les documents)… Alphonse Martin, dans "Notice historique sur Sanvic et le protestantisme" en 1877, n’en connaît pas l’origine "L’étymologie du quartier de la Jambe-de-Bois nous est inconnue, elle existe depuis plus de trois siècles, car le 1er juillet 1564, Charles Godin vend une pièce de terre située sur le chemin qui va à la Jambe-de-Bois."

Par contre Braquehais, dans "Histoire de Bléville", nous dit que :
"La Jambe-Bois, dénomination que nous trouvons dans des documents du XVIe siècle. Ce nom paraît venir d’un ancien propriétaire du sol ; ne serait-ce point le nommé François Le Clerc, capitaine de navire au Havre vers 1552, surnommé Jambe-de-Bois par l’historien Guillaume de Marceilles. (1)
(1) Mémoires sur la fondation et origine de la ville françoise de Grâce, manuscrit de la bibliothèque du Havre, écrit au XVIe siècle et publié par Joseph Morlent en 1847."

Bernard Nicolle, historien havrais et habitant du quartier, a étudié le personnage et en a écrit la biographie dans le journal du quartier « Vibraction » en 1990… Avec son aimable autorisation, je trace le portait en quelques mots, de ce "Jambe-de-Bois", le bien nommé :

Il fut anobli par le Roi Henri II en septembre 1551 afin de récompenser "les bons agréables et recommandables services que notre cher et bien aimé François Le Clerc a dès longtemps faits tant au feu Roi (François 1er ) qu’à nous"… Le Clerc, en tant qu’officier royal a en charge la défense des côtes de la Manche… C’est en 1552 que sa réputation de "corsaire" va débuter. Les voyages vont se succéder : Madère, les Antilles, les Canaries… C’est au cours de ses pérégrinations qu’il va perdre une jambe. Il fut ardent combattant, mais aussi habile commerçant. Le capitaine devint châtelain dans le Cotentin. En 1562, quand éclatent les guerres de religions, il prend faits et causes pour les protestants. Lorsque Le Havre est livré aux Anglais qui soutiennent les protestants, il reprend du service en mer aux côtés de ses anciens ennemis. Le Havre est délivré de la Réforme en 1563, François Le Clerc tombe gravement malade et meurt en août de la même année.
Bernard Nicolle termine de bel façon ses recherches : « Son fantôme hante-t-il encore notre ville et se hasarde-t-il, certaines nuits, dans notre quartier sur ce coin de terre qui lui appartint sans doute et auquel il a laissé son nom, ou plutôt son surnom de "Jambe-de-Bois" ? Si vous le rencontrez, surtout dites-le nous, nous aurions des questions à lui poser."

"Le Cimetière des Huguenots" Léon Braquehais dans "Histoire de Bléville", en parle : "hameau du Mont-Gaillard, on appelle encore aujourd’hui (1884) cet endroit le cimetière des huguenots"… il relève également sur le plan cadastral de 1827, un lieu dit "Cimetière-des-Huguenots".
Il cite Martin dans son "Histoire sur Sanvic" : "au XVIe siècle il y avait 87 protestants à Bléville. Le même auteur nous apprend que le 9 mars 1650 un protestant de cette paroisse âgé de 80 ans fut inhumé au cimetière huguenot de Bléville par le ministre protestant de Sanvic. Le champ de repos dont nous parlons étant situé au hameau du Mont-Gaillard, on appelle encore aujourd’hui cet endroit le cimetière des huguenots."
Dans le Recueil de la S.H.E.D., Louis Logié parle des "Archives du Temple protestant de Sanvic :
"En 1679, les ministres et anciens du prêche de Sanvic eurent un différend avec un bourgeois du Havre nommé Alphonse Lesauvage à propos d’un cimetière situé sur les paroisses de Bléville, dans la "vallée vulgairement appelée le Val Ricart"; ce cimetière était une pièce de terre de quatre perches se trouvant le long du "chemin tendant de la borde au grand chemin" ; les terrains voisins appartenaient aux nommés Aubéry, Pierre Doré et Lesauvage. Ce dernier avait planté des arbres à l’intérieur du cimetière, et les anciens du temple de Sanvic, Pierre Le Berquier, Jacques de Réauté, Jacob Quesnel et Pierre Mesenguel, voulaient lui faire enlever ; le différend, porté devant Pierre Maugier, juge subdélégué de l’intendant Le Blanc, fut jugé en faveur des protestants qui conservèrent leur cimetière de Bléville. »

- "Le Petit-Bléville". Hameau de Bléville…

- "Le Capuchet". "Plaine du Capuchet" "Fond du Capuchet" chapeau. Petit mont. Hameau de Bléville…

- "Sainte-Catherine". "Plaine Sainte-Catherine" au 15ème siècle « Sancte Katherine de Glategny » Hameau de Fontaine-la-Mallet…

- "Les Corneilles" Hameau d’Octeville…

- "Les Moteaux" petits monts. Lieu-dit de Bléville…

Concernant les lieux-dits, il ne reste que quelques traces de ces temps anciens, vous pouvez voir ces vestiges en parcourant les rues du quartier :
Des talus… rue Irène Jolie-Curie, devant la Cité de l’Ormaie
Rue Edward-Grieg, devant les petits pavillons
Rue de la Bigne-à-Fosse, devant les Résidences Provence et Bretagne, également à l’emplacement de la « Ferme Boulogne »
Demeure le clos-masure de la « Ferme du Mont-Gaillard » avec ses bâtiments et ses vieux pommiers.
Les plaques de rues « Rue de la Jambe-de-bois »…
Les arrêts de bus « La Ferme »…
Même les graffeurs et tagueurs se sont appropriés ces noms :
« MG »… « Mont-Gaillard »
« 5.4 »… « Sainte-Catherine »
Le plan en couleur est une partie du plan de 1937 conservé aux Archives Municipales du Havre : Fonds SANVIC O1 carton 4 liasse 3 (Fonds Sanvic puisque ce plan englobe Sanvic, Bléville, Le Havre, etc…)
Je ne m’en suis pas servi, mais vous pouvez consulter, au même endroit, les dossiers documentaires « Mont-Gaillard » 51/1.0 à 51/1.3
Il existe une association dynamique... "Association pour la promotion de Bléville - Mont-Gaillard - Dollemard" lien ... http://assopromo.canalblog.com/
Quentin DUREL a fait article sur "les tours de la place du Mont-Gaillard" lien... http://lehavre-07021517.blogspot.com/
Vendredi 6 octobre 2009

4 photos pour attendre... prochain article






Ces 4 photos, juste pour attendre le prochain article sur les lieux-dits du Mont-Gaillard…
Je ne marque aucun lieux… vous savez tous où ont été prises ses photos ! Par cet échantillon, je vous montre le « genre » de clichés que je fais depuis 30 ans ! Ainsi que les différents endroits dans Le Havre !
Vous dire aussi que j’ai contacté « Océanes » pour leur suggérer de passer un article sur les blogueurs havrais ! Le verrons-nous paraître ?
Je continue... le Prix Nobel de la Bloguitude est pour nous l’année prochaine !

Jeudi 5 novembre 2009

Film tourné au Havre... "Les Grandes Vacances"




« Les Grandes vacances »

Comme je vous le disais dans « Je me présente » mon 1er article sur ce blog, des maîtres d’école m’ont beaucoup apporté. Entre autres Desjacques, Lemoine, Vogel… et Pierre CHASSAIN avec qui, durant l’année scolaire 1966-67, j’ai accumulé le plus de savoir grâce à sa maîtrise de l’éducation… peinture, cinéma, éducation civique, histoire, littérature, même les disciplines plus ardues pour moi comme la géométrie et les maths ! Il a réussi en 1 an à faire de l’élève moyen que j’étais, à celui reçu 1er du 3ème canton au Certificat d’études !

Pierre CHASSAIN… nos conversations… sa connaissance des films et salles de cinéma… celle de la vie culturelle dans son ensemble… m’ont enrichis !
Il m’a offert des livres, des coupures de presses, des revues… et quelque chose d’inestimable… son amitié !
Depuis 1966-1967, puis au fil des années jusqu’à son décès en 2001 (putain 8 ans !) … même aujourd’hui, je le considère toujours comme mon Maître d’école !

Vous le savez, quelques dizaines de films ont été tournés au Havre, dans le Pays de Caux, la Normandie… Il y a les classiques « Le Cerveau » « Quai des brumes » « La Bête humaine »… mais d’autres comme « Candide » « Coup de Grâce » ou « Les Grandes vacances ». C’est de ce dernier dont je vais parler…

1967, Jean Girault tourne « LES GRANDES VACANCES » avec Louis de Funès, Martine Kelly, Claude Gensac…

Pour les besoins du film, le 10 juillet, De Funès gesticule, à califourchon sur la balustrade du Pont de Tancarville…

Le lendemain, toute l’équipe se rend près du Pont V, « Rue du Pont-V, un café à l’enseigne du « Petit-Prader », sur les vitres, des lettres d’émail disposées en éventail : plat du jour, casse-croûte à toute heure. Le long du trottoir, des bicyclettes et des vélomoteurs sont garés, comme tous les jours. Mais ce n’est pas la peine d’y regarder de près pour distinguer l’inhabituel de la scène… Dehors on s’affaire autour d’une caméra, dedans on maquille des « marins » aux biceps monstrueux les Cascadeurs. Puis la vedette arrive en la personne guillerette de Louis de Funès. […] Au-dessus de l’entrée du « Petit-Prader », on remplace l’enseigne lumineuse « Bar » par celle de « Bal ». Louis de Funès qui était allé changer de costume dans sa caravane, revient, et son accoutrement à lui seul déclenche l’hilarité des badauds : son pantalon de marin lui traîne sur les savates, son pull-over bleu-marine lui descend jusqu’aux genoux et aux doigts, ce qui accentue l’aspect clownesque de sa démarche.
[…] Vite Louis, le soleil va tourner, appelle le metteur en scène. La technique est prête, De Funès coiffe une casquette de pêcheurs et entre en action. Une, deux puis trois « prises », l’acteur troque un chapeau de paille contre une casquette, on rembarque le matériel et la caravane démarre, motards en tête. Direction : le bassin de l’Eure. »

Les scènes extérieures sont donc bien tournées au Havre. En revanche, celles des bagarres qui se déroulent dans le bar seront tournées en studio !

Pour certains d’entre vous, souvenez-vous « Rue du Pont-V » à l’angle du 136 boulevard de Graville… « Le Petit-Prader » café-débit.

Ensuite, Boulevard de Graville, des commerces « en rang d’oignons »… n° 136 « A Fachoda » café-débit, n° 132 « Boat-Bar » débit-bar, n° 130 « Au Pont-V » café-tabac et n° 128 « A la pipe » café-débit.

Des séquences seront tournées à la FORME 4, devant le pétrolier « Sénanque » rebaptisé pour le film, le « Kleine » c’est là que De Funès rencontre un groupe de marins belges en goguette, qui l’entraîne contre son gré pour une joyeuse bordée.

Le 12 juillet, le matin, sur le QUAI JOANNES-COUVERT, devant le paquebot « FRANCE», Louis de Funès, commence à répéter sa scène, il déambule sur le port quand une Rolls-Royce le bouscule et le renverse dans un amas de cageots remplis de choux-fleurs… Ce sont les choux de la Coopérative maraîchère havraise !
L’après-midi, Sur le ponton, au PETIT-PORT, tournage du débarquement des jeunes gens en vacances et l’arrivée de Louis de Funès, très énervé !

Ce film sortira à Paris le 1er décembre 1967… et le mercredi 20, au Havre… dans 2 salles, le « Select-Omnia » 123 boulevard de Strasbourg et le « Rex » 41 avenue René-Coty.

Documents consultés… « Paris-Normandie » et « Havre-Libre » de juillet 1967

Je ne m’en suis pas servi… mais je vous les conseille !
Recueil du CHRH (lien http://perso.orange.fr/chrh ) n° 48 de 1989. Article de Pierre CHASSAIN « les films tournés au Havre »
Livre « le cinéma en Normandie » René Prédal, Editions Charles Corlet, 1998
Dossier documentaire aux Archives municipales du Havre « films tournés au Havre » 33/3.1

N’oubliez pas, à la télévision sur TMC, mardi 10 novembre, à 20 h 30… « Les Grandes vacances »
Mardi 2 novembre 2009

Buffalo Bill au Havre...

Buffalo Bill au Havre...

BUFFALO BILL vous connaissez tous ?
Les garçons de ma génération (Ce demi-siècle avait 2 ans, comme l’a presque dit Victor H…) ont avec la télévision et la bande-dessinée, maitrisé le pistolet, la carabine et l’arc, comme cow-boys et indiens en Amérique. Il y avait Pécos-Bill, Cochise, les bisons, la cavalerie… et Buffalo Bill ! Que ce soit dans la cour des écoles Valmy et Brindeau, dans celle des HLM du boulevard d’Harfleur ou de la rue Chanzy nous étions véritablement indiens ou cow-boys !



BUFFALO BILL n’est pas seulement le héros de garçons de quartier. De son véritable nom, William Frederick CODY est né en 1846 et décédé en 1917… De 1882 à 1912, il organise et dirige des spectacles de cirque…


LE BOIS CODY à Graville…
Tout d’abord à nouveau démentir cette rumeur havro-gravillaise… le bois, la rue et l’escalier du Bois Cody NE SONT pas nommés comme cela « à cause » de Buffalo-Bill ci-devant Cody, mais parce que le bois est ce qui subsiste d’une ancienne propriété appartenant à la famille Cody dont l’un des membres élu de Graville était le gendre de l’industriel Mazeline.

10 octobre 2007 la presse havraise fait article associant Buffalo au Bois Cody... le 10 novembre un rectificatif (suite à mon intervention) paraît. Le livre dont parle le journaliste est "Ah quel estuaire !" Eddy Simon - Antoine Fiszlewicz, éditions "petit à petit" 2001. Livre au demeurant plaisant à lire et à vous offrir si vous êtes friands d'anecdotes !
Le 10 novembre 2007, Gl d'Aplemont http://aplemontphoto.blogspot.com/ fait confiance à la presse et passe le rectificatif (bravo à lui de l'avoir fait)

BUFFALO BILL au Havre…
En 1905, le colonel Cody a 59 ans. Après avoir donné son spectacle à Rouen, le vendredi 17 juin « Le Petit Havre » qui couvre l’évènement rappelle « que le colonel Cody et ses peaux-rouges se retrouveront en pays de connaissance. C’est au Havre qu’ils ont débarqué lors de leur première venue en France, en 1889 et nous n’avons pas perdu le souvenir de cette rencontre mémorable en rade du Prince-Monarch qui amenait la troupe, ni des manifestations sympathiques par lesquels les Queue-de-fer, les Bras-d’acier, les Têtes sanglantes, dûment peinturlurées et coiffées de plumes saluèrent la venue des visages pâles de la presse havraise qui venaient les interviewer »
Le lendemain samedi, 3 trains amènent le matériel, les chevaux, la troupe et les ouvriers soient 560 personnes… Cette troupe « débarquée sous une pluie battante avec une rapidité et un ordre parfaits, se mettait dès huit heures du matin, à installer, boulevard de Graville, son vaste campement pittoresque »
« Sur l’emplacement occupé il y a 2 ans, par Barnum, à l’angle du boulevard de Graville et du chemin des Courses, Buffalo installe son campement. Pendant deux jours, ce coin va présenter un aspect dont l’originalité pittoresque ne sera pas sans participer au succès de la gigantesque exhibition » [« Barnum et Bailey » sont venus en octobre 1902]
Ce terrain se trouve « Près la ferme Deschamps à Graville » La rue des courses appelée ainsi depuis 1897, à côté de l’hippodrome des courses du Homet, établi sur les herbages du Hoc. Cette rue des courses devient en 1923 la rue Jules-Vallès puis en 1952 déclassée et cédée aux Tréfileries et Laminoirs.
Dimanche 19 « Le Petit Havre » fait un compte rendu…
« Chez Buffalo-Bill. Les Débuts et Adieux de la Troupe »
« Débuts… et adieux. Les premiers viennent à peine d’avoir lieu que l’on parle déjà des seconds. Buffalo Bill se trouve, en effet, amené à réduire le séjour qu’il se proposait de faire dans notre ville. Si grosse ont été les difficultés d’installation sur le champ de Graville, défoncé par les pluies, que, dans la crainte de ne pouvoir procéder à temps à l’enlèvement de l’immense matériel et de ne partir exactement à l’heure fixée par l’horaire du chemin de fer, le colonel Cody se voit dans l’obligation de supprimer la représentation de ce soir. Dans la matinée donnée aujourd’hui à deux heures, l’extraordinaire tour de Babel de Buffalo Bill fera donc ses adieux au public havrais.
Les difficultés continuent quant à l’installation « ce ne fut pas sans peine, toutefois, que les choses purent être menées à bonne fin. Le sol, inégal, détrempé par les interminables averses de la nuit, transformait tout le champ en un affreux marécage où les voitures de matériel avançaient avec les plus grandes difficultés […] à midi et demi, on disposait encore les tribunes autour de la piste. A deux heures, on enfonçait toujours des piquets pour assujetir les toiles. La foule nombreuse qui se pressait aux guichets devait attendre pendant une heure que les tribunes fussent complètement aménagées. Elle pénétrait enfin et le spectacle commençait. »
Le spectacle est grandiose… Peaux-rouges, cosaques, chevaux, chariots, cow-boys, chevauchées, manœuvres d’artillerie… exhibition de « phénomènes » et d’animaux. « depuis seize ans que nous ne l’avons pas vu au Havre, il a blanchi, le brave Buffalo Bill, mais il n’a rien perdu de son panache, de cette belle fière allure de rude cavalier bien campé sur sa jolie bête. Dans le salut majestueux du feutre, dans le geste solennel et digne, il semble toujours garder un peu de l’ampleur emphatique des héros de Dumas père »
« Tout […] constitue en un mot un spectacle à voir. Et tout cela, avec une paires de bonnes bottes aux pieds, vaut le voyage dans le Far West… humide de la plaine de l’Eure »
Aussitôt terminé, le personnel s’est précipité sur les toiles du campement et le démontage a commencé. Repliées et mises en voiture, elles filaient vers la gare.
A 20 h sur l’emplacement qui était occupé, restait la paille piétinée par des milliers de visiteurs.
Destination suivante… Dieppe, où la troupe joue le lendemain.

Merci à Mr YAK... http://www.lehavredegraffs.fr/ de m’avoir laissé traiter le sujet !

Plan cadastral 1904 (réf AMH - FC / D 3 carton 8 liasse 4)
« HavreLibre » 10/10 et 10/11/2007
« Le Petit-Havre » des 17 au 19 juin 1905

Mercredi 28 octobre 2009

Les Annuaires du Havre...

Les Annuaires et Almanachs du Havre...



L’ « Almanach du Havre » où plutôt les Almanachs puisque certains éditeurs ont édité le leur… Faure, Lemâle, Costey, Brindeau et enfin Micaux, qui a terminé la série.
Les Archives Municipales du Havre (A.M.H.) possèdent, avec quelques petites lacunes, ceux de 1802 à 1974. Ils sont répertoriés en « ANN » puis par année… exemple « ANN 1905 »
En 1901 jusqu’en 1974 ce sera Micaux qui imprimera et éditera l’Annuaire.
1915 à 1919 pas d’annuaires (Guerre 14-18)
1940 à 1949 pas d’annuaires (Guerre 39-45) destruction totale des planches, matériel et immeuble, en septembre 1944.
Novembre 1946 (ANN 1946) les éditions Wibin à Sanvic, édite le « Répertoire des Nouvelles Adresses des Sinistrés du Havre » notamment ceux de la Cité Thiers.
1950 reparution de l’ « Annuaire Micaux » jusqu’à 1974, la dernière édition.

Que trouve-t-on dans de tels ouvrages ?
Les administrations, le Port, les associations, les cultes, les Sociétés diverses, les négociants… Ainsi que…
« Adresses générales » par nom de personnes…
« Adresses par rues » tenant et aboutissant de la rue, puis par numéro, les habitants…
« Adresses par professions » exemple « cafetiers-débitants » ou « photographes »
En fin d’annuaire, sont ajoutés, selon les années, les communes de Bléville, Graville-Sainte-Honorine, Sanvic, Sainte-Adresse, Montivilliers.

En 1908, les adresses par rues se permettent une nouveauté… une croix [x] indique les rues transversales. Indispensable pour retrouver avec exactitude l’adresse de quelqu’un…

Prenons un exemple… Nous n’avons que le nom et la rue : Morand rue Ernest Renan.
Consultons par nom, il existe un Morand, marchand de légumes au 54 rue Ernest Renan…
Maintenant allons à la rue Ernest Renan, elle commence 80 rue du Champs-de-Foire pour aboutir 81 rue Lesueur… un Morand demeure bien à l’angle de l’impasse Liard.
Un réflexe à acquérir si le vôtre n’apparaît pas à la 1ère adresse, comme l’habitation ou le commerce fait l’angle de la rue, la bonne adresse peut être impasse Liard.

Deux autres pistes sont à suivre pour retrouver une personne, les listes électorales et les recensements de populations…

N’oubliez pas que certains noms de rues ont changé au cours des années… la rue Ernest Renan s’appelait rue aux Dames… les numéros également, démolitions et constructions interviennent quant à leur attribution.

Les « Annuaires » ont leur utilité pour localiser un commerce ou une petite entreprise sur une carte postale. Exemple mes articles des 03/09 et 10/10 dernier sur « Sanvic… Place de l’Etoile » ou « la Tour Robinson » du 18/08 et 16/10 dernier.

Une petite preuve supplémentaire… JPS http://navrais.blogspot.com/ parle solex… PHYLL http://lehavre76600.canalblog.com/ se rappelle d’un Coudyser et d’un Poultier marchand de vélos et solex, rue Aristide Briand… la recherche est lancée et voilà les réponses, parce que les 2 tiennent l’un commerce, l’autre une station service, dans la même rue…

Annuaire Micaux de 1974 :
POULTIER Marcel marchand de cycles 308 rue Aristide Briand (presqu’à l’angle de la rue de Zurich)
COUDYSER E. station service Velosolex 345 rue Aristide Briand (presqu’à l’angle de la rue du Mont-Joly)

Concernant la bouquiniste Khamsa Berrehil, en 1991, elle tenait une petite boutique de livres d’occasion n° 391 rue Aristide Briand
En 1978… au n° 391 "La Trouvaille, antiquités"
N° 387 le cinéma Normandie
Lundi 26 octobre 2009

Symphonie d'amour...


Ils sont 2 comédiens… Justin DUREL et Guillaume GIRONDEL

Entre délires et réflexion, leur spectacle d’l h 30 intitulé « Symphonie d’amour » décline à n’en plus finir l’Amour sous toutes ses formes…

Les rapports hommes-femmes… mais également la religion, le sport, Le Havre, le travail… il y a de la mauvaise foi, de l’ironie, de la satire. Une déclinaison parfaite de l’humour sous toutes ses formes !

Leur Compagnie s’appelle « Les Infréquentables » mais on aimerait les serrer dans nos bras après avoir vu leur spectacle… ils nous ouvrent les yeux, nous font rire, réfléchir !

« Le Poulailler » 7 bis rue Général-Sarrail (E.mail : lepoulailler.lehavre@orange.fr) les accueille vendredi 23 et samedi 24 octobre à 20 h 30

Quentin DUREL est à la technique

Ces 2 jours j’y serai bien entendu !

Lien avec « Les Infréquentables » http://lesinfrequentables.9m3.fr/

Jeudi 22 octobre 2009

La Tour Robinson... suite






La Tour Robinson... suite






















































































3 Tours… deux se nomment « Tour Robinson » l’autre « Tour de Fréfossé »… A regarder les 4 cartes postales du début du 20ème siècle, n’y voyez-vous pas une similitude ?!...

PLESSIS-ROBINSON
En 1848 à Plessis, commune à 6 km des Portes de Paris, un particulier, passionné par le roman de Daniel Defoe « Robinson Crusoé » ouvre un bal-restaurant sous le nom de « Grand Robinson »… Le succès est immédiat ! Plus de 70 guinguettes s’ouvriront…

1910 forte du succès de ces guinguettes, Le Plessis demande à ce que « Robinson » soit accolé à son nom… ce fut fait, Plessis-Robinson était né.

Cette commune possède une tour appelée « Tour Robinson » également « Tour Saint-Jacques » située rue Malabry. Rue qui concentrait la majorité des guinguettes au 19ème et début 20ème siècle. Construite à la fin du 19ème siècle, la tour est aujourd’hui, propriétée d’un particulier

ÉTRETAT
Sur la falaise d’aval, la « Tour de Fréfossé » a été construite vers 1896, par M. Dubosc, propriétaire du château de Fréfossé, au Tilleul. Le 26 octobre 1911, les artificiers font sauter la tour à la dynamite.

Vous connaissez « l’Aiguille creuse » de Maurice Leblanc ! En voici un extrait…
[Isidore Beautrelet marche sur le haut de la falaise. Il est sur la piste d’Arsène Lupin qui est détenteur du trésor des Rois de France. Isidore en cherche l’endroit… arrivé près d’Etretat] « il aperçut une espèce de petit castel, d’assez mauvais goût, bâti à l’imitation d’un fort ancien et qui était situé sur un promontoire, déchiqueté, rocailleux et presque détaché de la falaise […] Fort de Fréfossé »… L’aiguille proche va-t-elle livrer son secret ?

GRAVILLE… LE HAVRE
Le 18 août dernier, dans l’article intitulé « La Tour Robinson » j’avais noté… 1901 pour l’installation du restaurant, mais en consultant d’autres annuaires… le restaurateur CARRÉ a dû ouvrir son restaurant « A la Tour du Grand Robinson » au cours de l’année 1898

Je ne veux pas terminer sans vous rappeler que ROBINSON est avec Bardamu, Musyne et Lola, un des principaux personnages de « Voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand CÉLINE.

Lien blog « Gl d’Aplemont » > http://aplemontphoto.blogspot.com/
Lien avec la commune de « Plessis-Robinson » > taper sur internet PLESSIS-ROBINSON
Clin d’œil… Louis-Ferdinand CELINE et Arsène Lupin ... relisez tout !
Livre de Jean-Pierre Thomas « Étretat autour des années 1900 »



Vendredi 16 octobre 2009

Lions... Palais de Justice

Palais de Justice... le lion disparu... mais retrouvé !


















Photo « Havre-Libre »
« Quittant définitivement le terre-plein de la Justice de Paix où il était relégué, le lion va être chargé sur un camion de la S.F.T.R. qui l’emmènera à Gournay-en-Bray »

DAN et NICEPHORE (lien : http://havrais-dire.over-blog.com/) ont fait le 11 juin 2009, un excellent article sur ce lion disparu… mais retrouvé grâce au flair de nos Colombo(s) du blog havrais ! Gournay-en-Bray ? Le même ou une copie à l’identique ?

« Havre-libre » des 2-3 août 1958, sous la signature de P.L. [Pierre LION] Il s’agit vraiment du nom du journaliste, aucune galéjade de ma part, en rapport avec l’article traité ! L’article étant complet et excellent, je vous le transcris…

« Le lion de pierre du Palais de Justice est parti dans la verdure, à Gournay-en-Bray »
« Deux magnifiques lions de pierre, raides et impavides (et pour cause !) comme la Loi, ornaient le grand escalier d’honneur du Palais de Justice du boulevard de Strasbourg, avant que ce dernier n’eût été endommagé par les bombes au cours de la seconde guerre mondiale.
Une première fois en 1940, l’un des lions - celui se trouvant côté rue Jean-Baptiste Eyriès - eut les moustaches endommagées par un éclat. En juin 1944, lors du bombardement qui endommagea sérieusement le port et une partie de la ville, peu de temps après le débarquement, le même lion, touché par un coup plus direct, fut cette fois très sérieusement « écorné ».Son compagnon, par contre, se tira indemne de l’aventure. Mais, bien sûr, il ne pouvait être question de la laisser solitaire sur son coin d’escalier, sans aucun pendant.
En 1947, M. Loisel, architecte, représentant au Havre du service d’architecture du département (ce dernier étant propriétaire du Palais de Justice) décida donc de le faire enlever de son socle en attendant qu’il soit statué sur son sort (le terme est encore de circonstance), de le remiser dans la cour latérale, sur le terrain disponible, entre le Palais et les baraquements de la Justice de Paix.
En raison de son poids, un peu moins de deux tonnes, l’opération coûta alors 25.000 francs. A cette époque, pour refaire un second lion, il en eût coûté au département au moins 500.000 francs.
Aussi donc étant donné l’esthétique par ailleurs discutable et pour le moins démodée, de ce genre de décoration, M. Loisel, dans son rapport à M. le Préfet, conclut-il, très justement, à sa suppression pur et simple.
Que faire alors du lion survivant ? On pensa tout d’abord le vendre, au moins pour le franc symbolique. Plusieurs acquéreurs se présentèrent qui envisageaient d’en décorer des jardins ou des espaces verts.
Le président André Marie fut, paraît-il, du nombre qui voulait offrir au lion havrais une retraite heureuse en sa sympathique cité de Barentin… Mais, reculant devant le coût du transport, tous se désistèrent. L’affaire revint donc, périodiquement devant le conseil général. Puis, récemment, après dix ans, la situation évolua.La petite ville de Gournay-en-Bray, entreprit la réfection complète de sa voirie, avec aménagement d’espaces verts.
Ce fut même la S.F.T.R. (Société Française de Travaux Routiers), importante entreprise havraise de travaux publics, qui effectua cette réfection au cours de ces derniers mois.
Afin de « meubler » un des nouveaux espaces verts de Gournay, le département, propriétaire du lion encombrant, décida d’en faire le prêt à cette commune.
Un arrêt préfectoral fut donc pris en ce sens. Si bien que jeudi une grue de la S.F.T.R. a chargé notre brave vieux lion de pierre sur un camion, qui a pris la route de Gournay, où sur un vert gazon il coulera encore de longs jours paisibles.
C’est encore un témoin des époques heureuses du Havre d’antan qui s’en va… soupireront les vieux Havrais !...
Il est vrai que Casimir Delavigne et Bernardin de Saint-Pierre ont pris heureusement, sinon très judicieusement la place des lions de pierre du Palais de Justice »

DAN… NICEPHORE … chapeaux les gars !
Mercredi 14 octobre 2009

Sanvic... Place de l'Etoile... photos

Voilà la carte postale-photo qui m'a permis de partir à la recherche des personnages ainsi que de l'emplacement de cette épicerie-débit... Il s'agit de la suite et fin de l'article "Sanvic... Place de l'Etoile". Bien entendu pour éviter ce genre d'inconvénient, je fusionnerai photos et textes dans les prochains textes proposés !














Carte postale 1935... le commerce qui nous intéresse est au centre à l'angle des rues Jean-Macé et Césaire-Oursel














Photo prise au même endroit en juillet 2009... le commerce était situé au centre. Seul point de repaire, ce qui est actuellement une pharmacie
DAN et NICEPHORE (http://havrais-dire.over-blog.com/) les spécialistes es-fusion photos anciennes sur photos récentes, auraient certainement su faire le parallèle entre les deux clichés !


















10 octobre 2009

Découvertes Graffs avec M.YAK

Samedi 3 octobre 14 h rendez-vous avec M.YAK… il m’emmène dans des endroits connus des initiés ! Rares endroits où les graffeurs peuvent encore exercer leur art en toute tranquillité ! Friches industrielles… urbi et orbi… Kero, Néfaze, les « 309 », Pares, Artistik… sans oublier Maître Jace, le père des Gouzous ! Oui il reste des Gouzous disséminés dans la ville… ils ne se cachent pas… ils font partie du paysage urbain… du patrimoine artistique !
M.YAK aime sa ville en général et l’art urbain en particulier… il m’a fait partager sa passion…. Une passion commune cela aide à se comprendre !

Lien avec « M.YAK »…………………. http://lehavredegraffs.fr/






JACE forcément !


« Gouzou rédempteur »
Les toilettes de chez Caillard l’ont accueilli… il n’en est jamais ressorti !

Photo © Laurent Durel







Clin d'oeil à Gl d'Aplemont "le communisme au ban(c) de la société"

Photo © Laurent Durel

















« Robotisation »

Lorsque M.YAK m’a proposé la photo… devant ce Gouzou… « Oui ! » bien entendu ! Il y a 20 ans, ma 1ère rencontre avec les graffs de Jace.



Photo © M.YAK





Mercredi 7 octobre 2009




Les Sentinelles de l'Estuaire - les Oubliés de Leure


« Les Sentinelles de l’estuaire - Les Oubliés de Leure »

Cet ouvrage de Françoise DESCHAMPS est sorti en janvier 2009 aux « Editions Charles Corlet »

L’auteure née au Havre et passionnée par sa ville.

Le Havre, elle en connaît son histoire, mais s’est aussi intéressée au Havre d’avant 1517. Notamment à Leure, commune qui fixe ses racines aux limites de la terre et des eaux…
Elle nous conte, mêlant l’histoire et la fiction, et ce avec un réel talent littéraire, la saga des Bérenguier, Grosmesnil et Dumoutier qui vont au fil des siècles… de l’an 851 à 1857… participer à la vie de leur commune. Des marais, ils vont en faire un port florissant ! Nous assistons à la construction puis au démantèlement de la nef La Grande Françoise… nous sommes au cœur de la bataille de l’Ecluse… nous souffrons avec les paludiers… nous aimons avec Bérengère… mais aussi nous suivons le journaliste Gabriel Berenguier qui revient en 1856 et « décidera de faire siens les souvenirs de tous ces hommes et femmes qui ont forgé leur destin dans la vase, le sable et le limon de l’embouchure de la Seine avant Le Havre »
Les quartiers Sud sont en pleine réhabilitation… le Quartier de l’Eure revêt de nouveaux habits, il a posé son bleu de travail… alors n’oubliez pas ce qu’il fut lorsqu’il s’appelait Leure ! Pour vous en souvenir ou le savoir… lisez « les Sentinelles de l’estuaire » l’auteure le ressentira comme un partage !
mercredi 30 septembre 2009

Blogueurs du Havre... Patrimoine Mondial de l'UNESCO !

Ils partirent 2 ou 3 mais quand ils sont arrivés au port nous étions des dizaines……. Mais qui ? Les blogueurs du Havre bien entendu !

Tout comme les Archives Municipales du Havre, les Bibliothèques, la presse locale, les blogueurs havrais… par les textes et les photos… font connaître leur ville d’une certaine façon… Ils vous font part de leur perception… sensibilité… photos… textes !

Nous ne sommes pas que les enfants d’Auguste Perret ou de la Reconstruction… mais aussi ceux et celles de Jules Durand ou de Félix Faure !

Comme le Temple d’Angkor ou le Mont Saint-Michel… Le Havre reconstruit est classé Patrimoine mondial de l’Unesco. Voyons plus grand encore… demandons à l’Unesco le classement des Blogs havrais, puisque grâce à Internet la diffusion est planétaire !

Soyons hyper-réalistes… demandons le possible !

mercredi 16 septembre 2009

Je me présente...

Oui je sais… vous pouvez vous dire, encore un qui s’installe devant son ordinateur et crée un blog sur Le Havre. Mais je vais essayer de m’intercaler entre vous tous. Certains jouent dans la « cour des grands »… d’autres plus modestement… essayent ! Je vais donc aussi « essayer » de vous faire connaître Le Havre d’une autre façon !

D’abord me présenter…

Côté paternel… DUREL… 1530… toujours dans le Pays de Caux… des générations de corbeillers jusqu’à mon grand-père qui exerçât étant jeune, le métier…
Côté maternel… CAMPION… 1600… en majorité cauchoise… gens de condition très modeste… dont certains marchand de balais ou chiffonnier…

Je suis né le 10 septembre de l’An 8 de la « Libération » du Havre. De nombreux Havrais sont encore logés dans des conditions très précaires. Mes parents et leur bébé, pendant 2 ans vivront dans un « demi-lune » aux Champs-Barets, un des derniers baraquements anglais, qui sera démoli pour construire des HLM.

En 1954, pour 5 années, le « luxe » boulevard d’Harfleur, HLM en brique rouge près du pont Denis-Papin… naissance d’une sœur…

1959 à 1974 Les « Docks du Pont-Rouge », rue Général Chanzy… immeubles conçus par Jacques Tournant.

1955 à 1967… école maternelle et primaire Brindeau… puis école primaire Valmy…

La télévision à la maison dès 1959 va m’éveiller au monde. Mes parents y sont bien sûr pour « quelque chose » ils m’ont appris à être curieux dans quelques domaines que ce soient…
Des maîtres d’école vont beaucoup m’apporter. Entre autres Desjacques, Lemoine, Vogel… et Pierre Chassain avec qui, durant l’année scolaire 1966-67, j’ai accumulé le plus de savoir grâce à sa maîtrise de l’éducation… peinture, cinéma, éducation civique, histoire, littérature, même les disciplines plus ardues pour moi comme la géométrie et les maths ! Il a réussi en 1 an à faire de l’élève moyen que j’étais, à celui reçu 1er du 3ème canton au Certificat d’études !

1965, je m’intéresse, grâce à la télévision et au « Havre-Libre », aux élections présidentielles… Première prise de conscience politique.

En ce qui concerne Le Havre, ce sont les articles parus dans la presse pour les 450 ans de la ville, en 1967, qui ont fait que je m’y intéresse ! Je commence à découper les différents articles et à les classer.

A partir de cette année je fréquente le bouquiniste du Cours de la République, André Baly…

Je suis plutôt lecteur et collectionneur de documents que coureur de jupons !

1967-68 et 69 C.E.T. (Collège d’Enseignement Technique) Mont-Joly pour rater le CAP d’aide-comptable !

1968, comme collégien je participe aux évènements, mais c’est la vie ouvrière qui occupe mon esprit ! En septembre 68, malgré ma timidité, je suis élu « délégué de classe ». La loi Edgar Faure, suite aux Evènements les met en place.

Mai 1969, un mois avant la fin de ces années scolaires, la 1ère embauche chez le Transitaire Lance-Beausire pour 3 mois comme coursier-garçon de bureau…

Une meilleure place se présentant chez Kimpton comme employé de bureau pour 6 mois…

1970, Un entretien avec le chef du personnel chez Aufray me permet d’y rentrer comme aide-comptable pour 4 ans. L’entreprise étant absorbée par une autre… compression de personnel… licenciements… j’en suis !

1972, janvier, bien que je sois libertaire, j’adhère au Parti Communiste. Ce sont les seuls dans le quartier de l’Eure qui aident avec efficacité les gens. De collages d’affiches en vente de « l’Humanité » au porte à porte, de distributions de tracts en meetings… Je vis, de l’intérieur du PCF et pendant 3 ans, une expérience humaine inoubliable ! Les militants sont sincères et enthousiastes, mais c’est la direction qui ne me convainc pas ! Je reprends ma « liberté » !

Nous sommes en 1974, le travail est un peu moins facile à trouver, mais Luterma, entreprise de contreplaqué, embauche un employé de bureau-magasinier. J’y suis resté 4 ans mais quelles péripéties ! La crise du bois fait que des licenciements collectifs sont décidés… Une grève très dure avec occupation d’usine et manifestations… 3 semaines ! 300 (?) ouvrières-ouvriers grévistes… et 1 seul du personnel bureau et encadrement… vous avez trouvé ? C’était moi ! Ce qui devait être fait par la direction, le fut ! « reclassement » à la production. Quelques mois plus tard, compression du personnel, je me retrouve à l’affûtage. Sans qualification, il est arrivé ce qu’il devait… l’accident ! 6 mois d’arrêt de travail. A la reprise, c’est la « production » qui m’attend pour 6 mois encore… Nouveaux licenciements, cette fois je deviens gardien d’usine. A ce poste, je passe mes derniers 9 mois dans l’entreprise !

1974… 1 mariage… 5 enfants entre 1975 et 1991…

1978, je passe un concours à la ville pour être « agent de désinfection »… reçu ! C’est donc 6 années que je passe « sur le terrain »… désinfection (après inondations, certaines maladies…) désinsectisation (cafards, gale…) et dératisation. La misère est bien réelle au Havre !
Suppression pour partie du personnel de désinfection… reclassement ! Les postes que la ville me propose : fossoyeur, gardien… Alors je suggère Bibliothèque ou Archives ! Accepté aux services Archives, je commence le 1er mars 1985 et…

C’est cette même année, que je commence à prendre des photos sur Le Havre et ce jusqu’à ce jour. Ce qui bouge… mais aussi les affiches de toutes élections (législatives, municipales, présidentielles… de tous partis politiques)… les affiches et graffitis de la Guerre du Golf (la 1ère)… Les graffitis et tags de 1989 à aujourd’hui… les petits bars et commerces disparus aujourd’hui… les travaux municipaux… les murs-réclames… A part Caucriauville et les Neiges, vous avez peut-être aperçu ma silhouette d’1 m 90, errer à la recherche de nouvelles photos à faire ! J’aime me promener au hasard ou par instinct à travers les rues… Saint-Vincent, le Rond-Point, « Leure »… tout feu… tout lieu… Un bon « prétexte » pour rencontrer de nouveaux endroits… nouvelles personnes ! Bien que l’on dise « Le » Havre j’y pense comme « elle » ! Touche pas à ma ville ! Chaque démolition… transformation… même si elle est utile, indispensable parfois, je ne m’y fais pas ! C’est pour moi, une amputation… un petit morceau d’ « âme » qui disparaît ! Je parcours… je flâne… découvrant toujours de nouvelles « choses »… Le Havre sans cesse avec un visage différent… Le Havre qui est en colère avec ses averses et ses tempêtes… qui rit aux éclats avec ses fêtes ! J’aime aussi Le Havre pour ses violences… ses manifestations… ses sautes d’humeur (ou d’humour) en politique ! Je voudrais vous faire partager ma passion pour elle par la photo… le texte. Le Havre c’est un peu moi… « solitaire-solidaire » (Enfin c’est Albert Camus qui le dit, je reprends seulement la formule) Le Havre c’est la « petite musique » de Louis-Ferdinand Céline… le pointillisme de Seurat… le corps d’une femme sculpté par Rodin.
J’aime marcher sur les digues. Monter et descendre les escaliers qui relient la ville basse de la haute… et vice-versa. Je serai bien prétentieux de dire que je connais Le Havre… personne ne connaît complètement la ville ! Elle change tout le temps de visage… d’humeur… de vêtements…
Je regarde les vitrines, les affiches, les gens, les bâtiments, les… enfin, tout ! Je regarde tout… les arrière-cours, les toits… j’ai bien dit tout… et même le reste !

Mes « Années Archives » me permettent d’en savoir plus sur Le Havre quel qu’en soit le sujet… les guerres… le percement d’une rue… les bâtiments… les personnalités tombées dans l’oubli… et d’innombrables etc… J’ai une vie professionnelle enrichissante que je mène en parallèle avec des recherches personnelles lors de mes pauses et congés…
Entre beaucoup d’autres…
« Louis-Ferdinand Céline et Le Havre - De Destouches à Céline… d’une génération l’autre 1845 - 2009 » Ses ascendants, les Destouches et parentèles y ont vécu de 1845 à 1900. Céline est venu dans les années 30.
« Les graffitis au Havre de 1900 à 2009 »
« Les murs-réclames de 1900 à 2009 »
« Les affiches de 1900 à 2009 »
« Les rues, maisons et commerces de Sanvic de 1800 à nos jours »
« Pierre Nardin, milicien, perruquier et marchand de vin au Havre de 1780 à 1850 »
« D’un hameau l’autre... Le Mont-Gaillard. Histoire d’un quartier du Havre. Des origines à 2009 »
« La saga des Duplessy / Duplessis. Briquetiers-tuiliers. Le Havre-Sanvic-Bléville-Ingouville et Graville de 1735 à 2009 »
Toujours concernant Le Havre, il est vrai que j’ai des sujets de prédilection… le cinéma (salles, films, acteurs)… la littérature… les photographes… le quartier de l’Eure… Sanvic… la vie politique havraise de 1930 à 2009… les commerces…etc…
samedi 18 juillet 2009

Pourquoi un Blog ?

Le blog nouveau et arrivé ? Comme pour le Beaujolais, il peut-être gouleyant ou d’un goût douteux ! Vous en jugerez au fil du temps… petit à petit…
Je suis novice dans la manipulation d’internet, je n’ai pas encore « découvert » tous les Blogueurs havrais, mais j’en savoure pour l’instant quelques uns… Jean-Michel HAREL, Damien PATARD, Laurent BREARD, GEO, DAN & NICEPHORE… ils m’apportent leurs connaissances, découvertes… m’obligent à repenser certaines choses ! Notamment de l’utilité d’un Blog ! Je m’étais posé la question lorsque le 19 avril 2008 dans la Presse havraise était paru l’article sur le « blog havrais »… Il y avait en exemple celui de Layticia, sur le Mont-Gaillard. Sur ce quartier, elle faisait partager en peu de temps, des documents et photos. Moi j’accumule dans des dossiers depuis des années mes recherches… Pour le Mont-Gaillard, en documents cela va du Moyen-âge à nos jours… en photos de 1976 à nos jours. Ayant suivi toutes les transformations… je voulais en faire un ouvrage ! Mais pour combien de personnes ? 200 ? J’en reculais toujours la rédaction ! Voilà la solution ! Commencer un Blog et voir si l’intérêt des gens est au rendez-vous.
En exemple ce quartier excentré, où j’ai habité pendant 25 ans. Je le mettrai en ligne par thèmes… bâtiments, élections, rues, son histoire avant sa création… vogue la galère, les gens prendront ce qu’ils voudront…
Je me suis rappelé que outre mes parents, 4 personnes m’avait permis de connaître notre ville… Pierre CHASSAIN, André BALY, Philippe MANNEVILE et Jean LEGOY… à moi maintenant de faire partager mes « trouvailles » !
Je vous en donne un avant-goût…
- « Les graffitis au Havre de 1900 à nos jours » Fin des années 80, je découvre sur les murs du Havre un nouveau moyen d’expression… le graffiti. JACE commençait à couvrir les murs… son GOUZOU a pris son envol. D’autre graffeurs sont arrivés ! J’ai appris à les connaître… certains sont venus à la maison. Je « fais » également le graff politique, syndical, personnel… En documentation je conserve sur le Graff havrais tout ce qui se fait !
- « Les affiches au Havre de 1900 à nos jours » Depuis 1978 je photographie toutes les affiches des élections (législatives, municipales, présidentielles… quel que soit le parti)… celles des luttes syndicales ou politiques (ACH, dockers, 1er Mai…) les évènements havrais (Vœux de nouvelle année, grands évènements, projets…)… publicités… + documentation de 1900 à 2009.
- « Louis-Ferdinand Céline et Le Havre - De Destouches à Céline… d’une génération l’autre » Ses ascendants et parentèle y ont vécu de 1845 à 1900. Céline y est venu dans les années 30… Je lis et collecte tout sur Céline depuis 1972 (de et sur lui)… Concernant Le Havre, j’ai épluché la presse, les archives du Havre (recensements, correspondances, élections…) concernant ses visites années 30 (presse, Frascati, bateaux…)
- « Pierre Nardin, milicien, perruquier et marchand de vin au Havre de 1780 à 1850 »
- « Les murs-réclames au Havre de 1900 à nos jours »
- « La saga des Duplessis / Duplessy. Briquetiers-tuiliers. Le Havre-Bléville-Sanvic-Graville-Ingouville-Leure de 1735 à nos jours »
- « Les rues, commerces et maisons de Sanvic de 1800 à nos jours »
- le cinéma « Le Splendid » à Sanvic, grâce un oncle, son grand-père en a été le fondateur
et, en vrac… Les élections présidentielles de 1965 à 2007 au Havre… la mer… la forêt de Montgeon et Parc de Rouelles… Les Champs-Barets avant les HLM… HLM « rouge » boulevard d’Harfleur… HLM « Docks du Pont-Rouge » rue Chanzy… entreprise Luterma… Ecoles maternelle et primaire Brindeau… Ecole primaire Valmy… les Tags au Havre… les pochoirs au Havre… Le PCF dans le Quartier de l’Eure Entre 1968 et 1974… Mai-Juin 1968 au Havre… CET (collège) Mont-Joly… les plaques de rues au Havre… les vitrines du Havre… la guerre du golf à travers les affiches et graffitis vu du Havre…les inscriptions « Le Havre » sur tous supports… les panneaux-indicateur sur le territoire du Havre… les escaliers du Havre… l’église de Sanvic…

Bien entendu cette liste n’est pas exhaustive ! Elle va s’étoffer… évoluer…

Sachez que je me fais plaisir à vous les transmettre… si vous les recevez dans le même état d’esprit… ce sera un bon partage ! Bonne lecture !...

vendredi 7 août 2009

La première fois aux Archives de la Ville du Havre :

© Photo Laurent DUREL juillet 2009.


Pour trouver le Fort de Tourneville Je ne vous explique pas lorsque vous êtes en voiture… vous avez le GPS… non !
Supposons que vous veniez à pied tranquillement…
Devant la Gare du funiculaire, rue Félix Faure, un panneau « Fort de Tourneville 10 mn à pied »… à l’angle de la rue du 329ème et de celle d’Eugène-Landoas
« Fort de Tourneville 4 mn à pied »…

Bien entendu vous en prenez la direction. Un Fort cela ne se loupe pas ! Heureusement il est imposant, parce qu’aucune indication de l’utilisation qu’il en est fait n’est indiqué ! Cela sera peut-être fait quand la ville aura décidé de son sort ?

Un porche à franchir, mais pas complètement. A gauche, une porte vitrée… une grande salle où trône la maquette « Le Havre Reconstruction du Centre ville échelle 1/1000ème »… Un couloir à suivre puis un escalier à monter. Tant dans la grande salle, les escaliers, que le hall, vous y remarquerez des plaques de cheminées. Sauvées des décombres suite aux bombardements de septembre 1944, elles ont été restaurées et mises en valeur ! « Marianne » veille sur vous et vous regardera gravir ou descendre cette volée de marches.

A l’étage, à gauche la salle de conférences « Gaston Legoy ». A droite la salle de lecture des Archives. Vous y êtes ! L’accueillant est face à vous… Après vous être présenté, la « fiche de lecteur » est à remplir… Grâce aux « instruments de recherches » et en expliquant votre démarche vous pourrez accéder, si le service possède les documents, à l’objet de votre demande quelle qu’elle soit… bateaux, guerres, architecture, généalogie… histoire des rues, quartiers, monuments… tous thèmes…




© Photos Laurent DUREL juillet 2009
samedi 1er août 2009

La Tour Robinson

Cette « Tour Robinson » qui reste dans les mémoires de certains havrais m’intriguait par son architecture. J’ai été amené à faire quelques recherches lors de la rédaction du livre auquel j’ai participé « Au fil du temps - Frileuse-Aplemont » paru de 2001.

Une difficulté survint, l’absence de documents sur Graville-Saint-Honorine, suite aux bombardements de septembre 1944, la Mairie comme une partie de Soquence a été détruite, les gens, les bâtiments, les documents ont péris. En ce qui concerne les documents, ne restent aux Archives municipales du Havre que la période 1800 à 1870 puis à partir de l’annexion de Graville par Le Havre en 1919.

Un premier document trouvé… ce fut le point de départ.

Dans le « Journal du Havre » du 29 décembre 1894 paraît dans les Annonces, la « Licitation Letellier - A vendre - Belle propriété - De rapport et d’agrément avec vastes dépendances, dénommée la Tour, située à Graville-Sainte-Honorine, rue de l’Abbaye, n° 286, ayant vue sur la ville et la rade du Havre, d’une contenance superficielle de six mille trois cents mètres carrés. Mise à prix : 30,000 fr. […] Adjudication aura lieu le 18 janvier 1895 […] Requête, poursuites et diligences de Madame Emilie LETELLIER, épouse de Monsieur Joseph CAILLOT, photographe […] En présence ou elle dûment appelée de Madame Hortense MATIVET, propriétaire, demeurant à Graville-Sainte-Honorine, rue de l’Abbaye, n° 286, veuve de Monsieur Emile LETELLIER. […] dénommée « La Tour ». Ayant vue sur la ville et la rade et les côtes de Normandie, close dans toute sa longueur, sur la rue de l’Abbaye, d’un grand mur en briques et cailloux de trois mètres cinquante de hauteur. Cette propriété se compose d’un Pavillon construit en briques, couvert en ardoises, avec une tour construite en briques et cailloux, couverte en plomb, formant aile à l’une des extrémités du pavillon ; il est élevé sur cave située sous la tour, sur cuisine et arrière-cuisine en sous-sol, d’un rez-de-chaussée auquel on accède de plein pied par un jardin potager donnant sur la rue de l’Abbaye et au moyen d’un perron donnant sur le jardin. - Ce rez-de-chaussée est divisé en deux pièces, salle à manger sur le pavillon, avec office à la suite et salon dans la tour : premier étage, comprenant dans le pavillon, chambre avec cabinet de travail, dans la tour, grande chambre ; au deuxième étage, même distribution qu’au premier - au-dessus et à l’intérieur de la tour formant troisième étage auquel on accède par un escalier en vigneau, une grande pièce pouvant être utilisée comme chambre. Tous les parquets du rez-de-chaussée ainsi que des étages, sont en chêne ou en pitchpin. - au-dessus de la tour, terrasse de laquelle on a vue sur la ville, la râde du Havre, les côtes de Normandie, l’estuaire de la Seine jusqu’à Tancarville et les environs du Havre. - Sellier et kiosque attenant au pavillon. - Magnifique jardin potager, planté d’arbres fruitiers en plein rapport, dans lequel un pigeonnier en briques, couvert en ardoises. - Fondations en briques pour construction d’un petit pavillon. – Dans le jardin d’agrément et le bois, écurie [ ?] avec grenier (en construction presqu’ achevée) gymnastique [pièce où l’on pratique les exercices de gymnastique - Littré], petit bâtiment construit en briques, couvert en zinc, servant autrefois de bicherie, bâtiment en cailloux et pierres blanches, couvert en zinc à usage de poulailler, petits bâtiments à usage de cabanes à lapins, deux petits bâtiments sur fondations en maçonnerie construits en planches et couverts en zinc servant actuellement à usage de cabinets de travail.
Il existe sur la propriété deux mares et une citerne, ainsi qu’une canalisation complète, pour permettre d’amener les eaux de la ville.

Le tout d’une contenance, d’après cadastre, de six mille trois cents mètres carrés, est borné : au nord, par la rue de l’Abbaye ; au sud, par Monsieur […]vrais ; à l’est, par Messieurs Lemaître et Dorival, et à l’ouest, par Monsieur Touchard. »

Dans la déclaration de décès du 9 avril 1893 d’André Emile LETELLIER, il est dit mort la veille, à 59 ans, en son domicile, 286 rue de l’Abbaye, à Graville Sainte-Honorine. Il est photographe et sa femme Hortense MATIVET… mariés en 1862.
Un autre photographe est témoin lors de cette déclaration, Joseph CAILLOT, 27 ans.

Le lendemain dans le même journal, faire-part de son décès « photographe (…) sera inhumé le 12. On se réunira au domicile mortuaire, 286, rue de l’Abbaye »

Petit retour en arrière, en 1888, sa fille Albertine Justine Emilie, née à Yvetot en 1863, se marie avec Joseph CAILLOT, employé. André Emile est dit « propriétaire au Havre »
Un des témoins, est Elie LETELLIER, jardinier, 54 ans [né 1834] cousin de l’épouse, demeurant à Graville-Sainte-Honorine.

En 1890, dans l’ « Annuaire » rubrique « Photographes »
« Letellier (E) (Palmes Académiques) 17 rue d’Estimauville et rue de l’Abbaye, Graville Sainte-Honorine ».
Dans les Annuaires précédents, il était marqué uniquement, demeurant au Havre

1891 l’ « Annuaire » Commune de Graville « Letellier photographe 286 rue de l’Abbaye »

1893, le « Recueil des publications de la Société Havraise d’Etudes Diverses » du 2ème trimestre, consacre 6 pages et 1 photo pour rendre hommage à Emile LETELLIER, l’un de leurs membres. Rident, président de la SHED, prononce un discours le 11 avril, sur sa tombe. J’en extrais cette phrase « Depuis quelque temps, nous avions cessé de le voir aussi souvent parmi nous, mais nous savions que l’éloignement de sa nouvelle installation à Graville en était la seule cause ».
Léon Braquehais, pour le Recueil écrit une notice nécrologique
« […] En 1871, M. Letellier vint se fixer définitivement au Havre, où son talent d’artiste photographe était déjà très apprécié » Braquehais retrace son parcours artistique et ajoute « Après une carrière aussi utilement remplie, M. Letellier pensait pouvoir bientôt jouir du fruit de ses travaux et se retirer dans le beau pavillon qu’il venait de faire construire à Graville-Sainte-Honorine, quand la mort est venue l’enlever prématurément […] »

1894 à 1896, dans les « Annuaires» est notée « veuve LETELLIER 286 rue de l’Abbaye ».

1901, le 28 avril « Le Petit Havre » encart publicitaire…
« Restaurant de la Tour du Grand Robinson Graville-Ste-Honorine tenu par M. Philippe CARRE Etablissement recommandé pour Noces et Banquets, à des prix très modérés. Grand Bois champêtre et Jeux divers. »

1902, le 22 mars « Le petit Havre » encart publicitaire…
« Avis A l’occasion des Fêtes, M. PH. CARRÉ prévient ses amis et sa nombreuse clientèle qu’il tient toujours le Restaurant de la Tour du Grand Robinson, 286, rue de l’Abbaye. Noces, banquets et collations à des prix modérés. Consommations de premier choix. »

1902 à 1905 « A la Tour du Grand Robinson » P. CARRE - restaurateur - même adresse.

1909 à 1912 « A la Tour du Grand Robinson » mademoiselle MESNAGE - café - restaurateur même adresse.

1913, plus de restaurant… mais un contremaître est locataire.

1919, annexion de Graville Sainte-Honorine par Le Havre…
Le tronçon « rue de l’Abbaye » située sur Le Havre et celui sur Graville Sainte-Honorine fusionnent, ce qui occasionne un changement de numérotation… le n° 286 devient le n° 332.

1920, deux métallurgistes et leurs familles, sont locataires.

1920 à 1940, les permis de construire déposés, pour la rue de l’Abbaye, dans le périmètre de la Tour, sont signalés ainsi… « près de la tour » « près la tour » « près tour Robinson » « face tour Robinson »

1930, trois métallurgistes et leurs familles, sont locataires.

1939, deux métallurgistes, un journalier et leurs familles, sont locataires.

1946, 9 mars « Recensement général des locaux d’habitation »
« Rue de l’Abbaye n° 332 Tour Robinson - immeuble à étage » 3 pièces principales dont 1 cuisine. Electricité mais ni gaz ni eau courante dans la maison. Pas de « cabinet d’aisances » ni de tout à l’égout. Etat du logement « mauvais » « logement inconfortable menaçant de s’écrouler. Escalier impraticable. L’équipement du logement est tout à fait incompatible avec les lois ». Le logement est « non meublé » « sans loyer / sinistré » 8 occupants un chauffeur en usine, sa femme, 3 fils et 1 fille + un manœuvre, son beau-frère.

1948, 29 avril « Recensement général des locaux d’habitation »
« Rue de l’Abbaye n° 332 - rez-de-chaussée - 1 pièce à usage d’habitation mais en marge est noté « néant » + 1 cuisine et 1 cave. Electricité mais ni gaz ni eau courante. 1 cheminée. 5 locataires « entré d’office » un couple, 2 fils et 1 fille.

1948, 29 avril « Recensement général des locaux d’habitation »
« Rue de l’Abbaye n° 332 - rez-de-chaussée - bâtiment sur « rue » 1 pièce à usage d’habitation + 1 cuisine. 1 « cabinet d’aisance » à l’extérieur du logement. Electricité mais ni gaz ni eau courante. 1 cheminée. 2 locataires [En 1949 naissance d’un fils]

1948, 13 mai « Recensement général des locaux d’habitation » « Rue de l’Abbaye n° 332 - Tour Robinson - 1er étage - bâtiment « sur cour » 1 pièce à usage d’habitation + 1 cuisine. 1 « cabinet d’aisance » à l’extérieur du logement. Electricité mais ni gaz ni eau courante. 1 cheminée. 3 locataires, un couple et 1 fille [En 1949 naissance d’une fille]

1950, deux journaliers, un chauffeur automobile, un soudeur et leurs familles, sont locataires.

1950, 17 février, rapport du Service d’Architecture de la VDH « Il s’agit de l’immeuble dénommé « Tour Robinson », c’est une construction endommagée par faits de guerre et en état de délabrement. Tous les gros murs sont plus ou moins lézardés et ébranlés. De plus ils sont très dégradés. Le pignon Ouest accuse une lézarde verticale dont l’écartement est de 4 à 5 cms. La toiture a toutefois été refaite en tôles galvanisées par le MRU au titre des travaux d’office. La terrasse de la tour n’est pas étanche. La plupart des croisées ont été arrachées. Les baies ont été closes sommairement, quelquefois avec des moyens de fortune, par les occupants. Toutes les menuiseries sont très délabrées. Les planchers souffrent de la vétusté et, en certains endroits, ils sont gagnés par la pourriture. L’immeuble a dû certainement être découvert pendant une période assez longue. D’ailleurs des infiltrations se produisent encore, étant donné les dégradations existant dans les gros murs. Les plâtres sont soufflés. Des parties de la coquille d’escalier se sont effondrées et d’autres ne manqueront pas de suivre. Dans une pièce du rez-de-chaussée la corniche en plâtre s’est détachée et sa chute a surpris les occupants. Ceux-ci s’inquiètent à juste titre, que d’autres parties de corniche ou de plâtre viennent à s’effondrer aux endroits où ils sont obligés de séjourner. C’est là en effet outre l’inconfort des lieux, le danger qu’encourt les personnes qui se sont installées dans cet immeuble, car celui-ci ne menace pas de s’effondrer, tout au moins de manière évidente. »

Une suite de correspondance afin de reloger toutes ces familles… entre Ville du Havre, entreprises, locataires, propriétaire, bailleurs…

1951, paraît « Esprit du Havre » de Julien Guillemard. Au chapitre « De la ˝Côte˝ et de la terrasse de Graville » l’auteur parcourt les rues Félix Faure et de l’Abbaye en évoquant ses souvenirs…
« Le fort de Tourneville aux douves comblées de gravats… Passé le cimetière, autrefois c’était la campagne. La route bordée de talus herbus et d’arbres rustiques, suivait le coteau, laissant souvent des échappées sur le panorama, ce qui en faisait une promenade agréable. On allait collationner à La Tour de Robinson. Depuis, on a construit au petit bonheur. »

1951, le 10 octobre un projet d’alignement de la rue de l’Abbaye, est mis au point. Sur le plan de situation est dessinée la Tour Robinson, propriétaire « Mme Molon »

1954 « cet immeuble de plus en plus dangereux »

1955, trois familles sont locataires.

1956, Cession de terrain afin d’élargir la rue de l’Abbaye, plan de 1955 d’une portion de terrain cédée à la Ville du Havre, par le nouveau propriétaire, la « Société Immobilière de la Côte ». Est noté l’ancien propriétaire « Mme Louis Molon Vve née Petit Auguste » Parcelle cadastrale « Section M n° 1298 ». Dessin de la Tour.

1956, Terrain frappé d’alignement, délibération n° 87, du 5 novembre du Conseil municipal du Havre. Un plan de 1955 est joint.


Dessin de la Tour.

1957, permis de construire n° 48 du 23 janvier, déposé par la « Société Immobilière de la Côte »… 6 pavillons de chacun 2 logements. Sur le plan masse, sont situés… la Tour et le pavillon la jouxtant. Ces bâtiments se situaient entre les garages et le 1er pavillon donnant sur la rue de l’Abbaye.

1957, 13 mars « Le Havre-Libre » sous le titre « A proximité de la Tour Robinson (condamnée…) Un groupe de 12 logements - vient de démarrer - destinés au personnel de la société « Le Titane » »

« (…) la tour Robinson et les bâtiments adjacents, en très mauvais état, vont devoir prochainement disparaître, puisque sis au débouché de la voie de « desserte » sur la rue de l’Abbaye »
Article signé « P.L. »


Photo de la Tour…

1957, le 6 novembre « Le Havre » sous le titre « La Tour Robinson, pittoresque mais inutile a disparu sous la poussée de la construction »
« C’est encore un petit morceau du Vieux Havre qui disparaît. Mais celui-ci ne présentait guère d’autre valeur que de vague souvenir romantique. Tout le monde a connu, au moins de nom, la Tour Robinson, proche du bois Gody, c’est-à-dire en bordure de la rue de l’Abbaye, passée la rue Montmirail.
Cette tour fut édifiée au siècle dernier par un original propriétaire d’une maison bourgeoise, en briques, qui se fit construire cet élément inattendu d’architecture. La tour était cylindrique, et bizarrement ornée d’oculus, de fenêtres à croix latine et terminée par une terrasse à créneaux. Placée dans une assez vaste propriété, l’édifice devint ensuite un restaurant champêtre à l’enseigne du « Grand Robinson ».
De l’autre côté de la rue, il y avait une grande briqueterie avec sa haute cheminée, propriété de M. Duboc [sic] qui la transforma en propriété herbagère avec étable modèle. On vit ensuite l’étable transformée en… colonie scolaire et chapelle ! Aujourd’hui, la construction a aussi effacé les dernières traces de ce passé. […] Pour en revenir à la tour, celle-ci, le restaurant ayant fermé ses portes au lendemain de la grande guerre, fut habitée par M. Bellanger, secrétaire général de la mairie. Pendant la dernière guerre, elle fut utilisée par l’armée allemande, qui de sa terrasse correspondait optiquement avec la lieutenance d’Honfleur. Les démolisseurs viennent d’en chasser les derniers locataires, qui ont été relogés rue des Saules. A ce très bel emplacement s’achève la construction de six jolies maisons à deux appartements. »
Article non signé.


Vestige de la Tour…

1958, Matrice cadastrale « Matrice supprimée » - M 1298 - 332 rue de l’Abbaye - propriété bâtie « maison » - propriété non bâtie « sols - sol - jardin » « entrée 1943 - sortie 1958 ».

1973, 29 octobre, par délibération du Conseil municipal du Havre, n° 57, la rue de l’Abbaye est scindée en deux. Une partie s’appelle dorénavant Salvador Allende… l’autre, correspondant à la Tour Robinson, commençant rue René Cance, devient Pablo Neruda.

2001, parution « Au fil du temps Frileuse-Aplemont » par le « Collectif du Plateau » Auzou, Dalibert, Douillet, Launay rejoint par Betton, Durel et Watté.
« Rue de la Tour Robinson. Cette construction de la fin du XIXè siècle fut construite par un original. Elle devint par la suite un restaurant champêtre à l’enseigne ˝Grand Robinson˝. Après la Libération, elle servit d’habitation puis elle fut démolie en novembre 1957. »
« Sur le terrain où s’élevait naguère la Tour Robinson, cette guinguette devenue habitation après la Libération et détruite en 1955, furent construits six pavillons jumelés soit douze logements pour les employés de l’entreprise Thann et Mulhouse. »



Carte postale « Tour Robinson »

Documents utilisés. Fonds Archives Municipales du Havre. Série F - G - O - « annuaires » - répertoires des permis de construire - permis de construire -


mardi 18 août 2009

Sanvic...Place de l'étoile

Ces recherches ont commencé à la réception d’une carte-photo envoyée par une personne cherchant à connaître l’endroit de la prise de vue suivante
Un commerce en pan coupé avec au moins 1 étage « Brasserie de cidre - Epicerie Débit ».
Une « carotte » de vente de tabac au dessus et à droite de la porte.
Une plaque de rue à droite du commerce « Rue Jean Macé 1815 - 1894 ».
A gauche près de la porte, le n° de la maison, très abimé « 37 ».
Petite plaque près de la fenêtre de gauche « gaz dans la maison ».
Sur le dessus de la porte, une vitre « H. Delahoulière ».
Une fenêtre à droite de la porte, marqué sur vitre « Café Débit ».
Une fenêtre à gauche de la porte, avec des produits en exposition.
Dans l’encadrement de la porte un couple de 35 - 40 ans, certainement les propriétaires. 3 filles d’une dizaine d’année, 2 habillées en blanc, une en noir. Sont-elles sœurs ? Un homme à leur côté, le nœud papillon pourrait faire qu’il est serveur dans le café.
Un homme de 35 - 45 ans en bleu de travail, un apprenti de 12 - 14 ans à sa droite. Tous deux tiennent en main, un outil de travail, qui semble être une sorte de « hérisson » pour le ramonage des cheminées.
Au recto de cette « carte postale » un tampon encreur « Photo-posta [mot coupé] 8, rue Condé Le [mot coupé] ». « Le » certainement pour « Le Havre ».
Au recto également, 6 lignes manuscrites, marquées à l’encre.
« Echange de poires……. Le bonjour de toute la famille amitiées sincères G. Le Berquier ».
Je laisse la faute d’orthographe « amitiées ». En notant cet « Echange de poires » l’expéditeur à déjà reçu ou va recevoir une « poire » amie !... « poire » en argot, veut dire visage, figure. Dans « Casse-pipe » Louis-Ferdinand Céline raconte « Ils se sont soulevés, les gisants, un par un, pour voir ma poire »

Il existait dans les années 1910 - 1920, une « rue Jean Macé » au Havre et une à Sanvic. Mais au vue de l’architecture de la maison, Sanvic nous semble plus probable !

Si vous voulez retrouver une personne, une rue, un commerce, etc… Nous allons vous indiquer certaines pistes à suivre afin de les cerner mieux ! D’abord aller aux Archives Municipales, au Fort de Tourneville…

Consultons d’abord l’« Annuaire du Havre - Micaux » de 1910.
Sanvic… « Delahoulière H., épicerie, café-débit, tabac, Jean-Macé 2 et Cés. Oursel 37 ».
La piste est bonne !
Voyons maintenant l’expéditeur « G. Le Berquier » la même année un « Le Berquier G., plombier-fumiste, Gambetta 50 » demeure à Sanvic.
Puis le photographe « 8 rue de Condé Le » sûrement Le Havre.
Le même annuaire nous indique que « Denon (Mme), photographe, Condé 8 » exerce son art.

Il nous faut maintenant consulter les annuaires de 1898 à 1939, les recensements de population de Sanvic de 1906 à 1931, puis les Matrices des contributions de cette même commune, de 1898 à 1911, afin d’avoir toutes les indications nécessaires pour dater la carte postale.

Commençons par les « Annuaires - Micaux » pour l’épicerie-débit.
1899 à 1907 Delahoulière H. - 37 rue Césaire Oursel et 2 rue de l’Orphelinat - café-débit tabac et liquides - épicerie… n’apparaît pas avant 1899.
La rue de l’Orphelinat est débaptisée et devient la rue Jean Macé…
1908 à 1910 Delahoulière H. - 37 rue Césaire Oursel et 2 rue Jean Macé - même commerce.
1911 à 1914 Lebesne P. - mêmes adresses et commerce.
1915 à 1919 pas d’annuaires.
1920 à 1926 Belloncle J. - mêmes adresses et commerce.
1927 à 1939 Lebrun G. - mêmes adresses et commerce.

Passons aux recensements de population de Sanvic.
37 rue Césaire Oursel.
1906 Delahoulière Henri né 1872 - épicier + sa femme + 2 enfants.
1911 Lebesne Paul - épicier + sa femme + 3 enfants + 1 domestique.
1921 Belloncle Joseph - épicier + sa femme + 1 enfant + 1 domestique.
1926 Belloncle Joseph - épicier + sa femme + 2 enfants + 2 domestiques.
1931 Lebrun Gustave - débitant + sa femme + sa belle-mère + son neveu + 2 domestiques.

Finissons nos recherches par les matrices des contributions de Sanvic.
1899 Delahoulière Henri - marchand d’épicerie de détail - il reprend le commerce de monsieur Cois.
1910 le même - cabaretier.
1911 Lebesne reprend le commerce.
La même année, Delahoulière s’installe sur le trottoir d’en face de l’épicerie-débit, comme « marchand de grains et graines au détail » au n° 1 rue Jean Macé et 35 rue Césaire Oursel. Il y restera jusqu’en 1923. Puis se succéderont Boudin en 1924. Mousset, de 1925 à 28, en même temps que les grains, crée la quincaillerie. Enfin Planchais jusqu’à la guerre. Après celle-ci un pharmacien reprendra la boutique. Une officine existe toujours à cet emplacement.

Dans les « Annuaires - Micaux » cherchons l’expéditeur de la carte
1902 à 1914 Le Berquier G. - plombier fumiste - 50 rue Gambetta.
1915 à 1919 Pas d’annuaires.
1920 à 1932 Le Berquier G. - bazar - même adresse.
1933 à 1936 Le Berquier veuve G. - même adresse en 1933 puis au 52 même rue.
1937 Plus à cette adresse.

Maintenant le photographe, dans les mêmes annuaires, mais au Havre.
1909 et 1910 Denon Madame - photographe - 8 rue de Condé.
1911 à 1914 Corda Aug. - Photo-pastel - même adresse.
1915 à 1919 Pas d’annuaires.
1920 Plus de photographe à cette adresse.

En conclusion.
Un photographe 8 rue de Condé de 1909 à 1914.
Delahoulière café-débit entre 1899 et 1910.
Le Berquier présent entre 1902 et 1932.

La date probable de prise de la photo est fin 1910 ou début 1911.
En effet, malgré le nom « H. Delahoulière » marqué sur la vitre, les personnages : 1 couple, 3 enfants et 1 domestique, font penser aux époux Lebesne, qui reprennent le café à cette même période. En outre, Delahoulière n’y est plus, puisqu’il vient de s’installer comme marchand de grain sur le trottoir d’en face.

Carte postale prise en 1935 « carrefour de l’Etoile » Sanvic. Regardant la carte…
A gauche « Au grain d’or » Planchais ex-Delahoulière…
Au milieu, le café-débit Lebrun ex-Delahoulière… point de départ de la recherche
A droite l’épicerie café-débit Lamisse, angle 38 rue Paul Doumer - 2 rue Aristide Briand.
En 2009 le même endroit…
A gauche la pharmacie….
Au milieu, la plante-bande, se trouve à l’emplacement du café-débit Delahoulière.
A droite, l’élargissement de la route a amené la démolition du café-débit Lamisse.

Un changement concernant la devanture. Ce ne sont plus des murs en pierre, mais un « habillage » en bois, qui distingue le commerce. Transformé entre 1910 et 1935…

Carte postale-photo envoyée par G. Le Berquier, à la fin de l’année 1910 ou au début de 1911. Il s’agit de la même signature…

… que celle de la demande de Permis de construire, demandée par G. Le Berquier et datée de mars 1901

Demande de permis de construire 1910. Avril 1910, Delahoulière voudrait « construire une petite maison avec boutique ». Il pourrait s’agir de son futur magasin de « marchand de grains et graines au détail » puisqu’il s’y installe en 1911. (Fonds Sanvic FC / I 1 carton 7 liasse 1)

Outre les documents que nous avons consultés pour cette recherche, recensements de population, matrices de contributions, annuaires et permis de construire, vous pouvez « éplucher » les listes électorales, les registres de naissances, mariages et décès, les dossiers par rues, etc… tous documents consultables aux Archives municipales du Havre, au Fort de Tourneville.

Dans quelques jours, j'incrusterai les cartes postales et photos correspondant à cet article...avec mes excuses pour ce retard !

Livres conseillés :
« Sanvic 1900-1955 » Fabrice Richer, Pascal Valinducq, Michel Lemeur - 2002
« Notice historique sur Sanvic et le protestantisme » Alphonse Martin - 1877
« Sanvic… avant 1900 » réédition du précédent, avec ajout de cartes postales
jeudi 3 septembre 2009

Merci aux blogueurs havrais… et aux autres !

© Photo Laurent DUREL - juillet 2008

Je vais faire un petit commentaire après presque 2 mois de Blog… D’abord vous remercier pour les appréciations que vous avez mises sur mes textes ! Entre famille, amis et anonymes… plaisir partagé… est plus sympa que dispute engagée ! Mais surtout si un de mes articles ne vous plaît pas… s’il y a des erreurs… dîtes-le ! Ce pourrait être l’objet de discussion ! Je ne connais pas encore tous les blogs havrais… cela devient bon ! Je ferai le lien avec eux bien entendu ! Concernant mes prochains articles, certains de vous les ont déjà traités, mais je le ferai différemment ! Chacun ayant sa sensibilité… sa façon d’écrire… certaines sources que d’autres n’ont pas encore découverts ! Tel, le site sur les « Graffs havrais », je parlerai de JACE et de ses GOUZOUS, de NEFAZE, des graffeurs des années 90…

Concernant les textes, je ne marque les références des Archives Municipales du Havre, que de façons simples. Si vous voulez continuer les recherches, je vous donne volontiers les références exactes.

Maintenant les photos qui sont jointes aux textes…

Pour avoir une « bonne » photo, pourrais-je la truquer ? « Ben non ! » Je fais de la photo documentaire ! Les puristes pourront dire oui, puisque je recadre et éclaircit certains clichés.
Vous verrez au fil du Blog passer mes photos soyez-en convaincus pas de manipulation de ma part !

JMH a raison, les commerces quels qu’ils soient ne sont pas très présents par la photo, seuls quelques uns ont pris ce genre de clichés ! Le plus gros producteur est le journal quotidien… dans les années 50-60 de très nombreux commerces sont mis en valeur, qu’ils soient sur Sanvic où dans le Quartier de l’Eure. Les livres de Gilbert Betton, Max Bengtsson sur différents quartiers du Havre… Les livres sur Aplemont, les Neiges… le prochain sur « Soquence »… Il y a aussi les Bulletins de quartier comme « La Gazette de Sanvic » pour les années plus récentes.

Je prends goût à faire partager mes recherches de cette façon… je crois que je vais continuer !
mercredi 9 septembre 2009

Remerciements à...

...
Laurent BREARD - Alice, Henri, Renée et Yvette nés CAMPION - Gersende (DUREL) Anthony, Vincent et Estéban COQUIN - Marie-Jo et Didier COQUIN - Françoise DESCHAMPS - Gersende, Benoît, Justin, François et Quentin DUREL - Benoît, Prisca, Lalie et Eryn DUREL - Alain GIRONDEL - Guillaume GIRONDEL - Stéphane William GONDOIN - Jean-Michel HAREL - Julie HARIVEL - Daniel HATE - Françoise HEBERT - Muriel LEBAS - Gérard LECOMPTE - Gérard LEJEUNE - Réjane, Philippe et Oriane MIUS...